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Rapide-Danseur | Une municipalité, une histoire

23 janvier 2026

Rapide-Danseur

Vous avez deux choix : le village tient son nom des danseurs rapides et efficaces boostés par la promesse tenue du Curé Dion d’offrir une veillée mémorable si on arrivait jadis à terminer l’église en pierre des champs avant la première neige, ou encore à cause des éternels rapides sur l’eau qui forçaient les autochtones sur leur long trajet en canot à s’arrêter pour danser afin de se délier les jambes. Pour l’option 1, il faut savoir que tous les champs à leur première année en culture comportaient quelques embêtantes roches à tasser et le mobilisateur Curé Dion a tourné le problème en opportunité. L’achèvement de cette grande corvée qui a produit un véritable monument sur ce site devenu historique et touristique, faisait monter les attentes d’une inauguration bien célébrée. Pour l’option 2, on doit savoir que le torrent du Rapide au village, est situé au milieu de plusieurs dizaines de kilomètres canotables d’un calme sans faille. Jadis, sur cette véritable autoroute autochtone Nord-Sud, il est bien naturel d’arrêter se dégourdir. Le terme « Opacitcicimosik » signifierait : Là où on s’arrête pour danser, se dégourdir. Pour votre quête de réponse, interrogez la famille Boutin à la Pourvoirie du Portage en pêchant le mythique malachigan avec eux ou dansez hardiment avec les Greffard lors du Rapide Show dans l’église. Chemin faisant, vous vous ferez des amis qui vous lanceront d’autres noms comme autant de questions : Rang de la lune, Rang du pouce, Baie du Pouce à mitaine. Ils auront tôt fait de vous faire oublier votre question et vous en oublierez même… votre envie de repartir.

En soi, le noyau villageois n’est pas très populeux puisque les habitations se trouvent principalement dans les rangs et sur les rives de la rivière, du lac Duparquet ou du lac Hébécourt, mais l’église vole la vedette. Et ce, depuis le tout début. Elle a fait courir les foules notamment sous l’impulsion d’Hilaire Boissé pour la Fête du patrimoine, les bénédictions annuelles des motos, des symposiums, des expositions comme la Collection Miljours ou celle des objets du mythique aubergiste local Angelo Bufalino, des spectacles et des visites touristiques guidées. Pour la bénédiction des motos, on a souvent vu le village disparaître sous les tonnes de motos venues pour l’événement, le temps de quelques heures. Le tout, notamment pour amasser des fonds au profit du Centre de dépannage. Plus qu’un lieu de culte, l’église est devenue un symbole. Un joyau dont l’attrait augmente aussi grâce au superbe tumulte de la rivière toute proche qui donne un son si particulier à la visite. Il concurrence la cloche.

Qui dit rivière, dit pêche. L’immense chance qu’offre le Rapide aux pêcheurs en quête de défis, est qu’il permet de faire remonter près de la surface, une espèce de poisson de fond assez rare : le malachigan (parent avec l’achigan). Dans la tête de ce poisson relativement combatif, se trouve deux petites pierres blanches que les adeptes gardent pour s’en faire un pendentif ou un bracelet qui fera grosse impression auprès des amis connaisseurs. Un trophée de pêche portatif.

Par ailleurs, l’originalité des gens de Rapide-Danseur a connu de nombreux épisodes dans le temps et les milliers de Ouest-Abitibiens qui circulent sur la route 393 en ont été témoins durant près de 10 ans. Plusieurs dizaines d’épouvantails représentant des humains groupés étaient plantés durant des mois, notamment dans des champs en bordure de la route. Comme s’ils avaient une exitence réelle, le comble de l’originalité arrivait durant l’automne quand, du jour au lendemain, il n’en restait qu’un seul planté là, tenant la pancarte en main : « Parti dans le sud pour l’hiver ». Tous les automobilistes de passage se disaient : « La gang de flyés de Rapide-Danseur a encore trouvé le moyen de nous surprendre. Eille, eux-autres ils sont trippants ». Si vous aviez un épouvantail à fabriquer, il ressemblerait à quoi?

Un texte de Guillaume Beaulieu 

Ce projet a été réalisé grâce au soutien financier du ministère de la Culture et des Communications.