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Normétal | Une municipalité, une histoire

12 décembre 2025

Normétal

Normétal a ce feu dans les yeux. La flamme des gens de vouloir. Des gens d’espoir. Du fond des entrailles de la mine Abana où on s’approchait du centre de la terre suffisamment pour que la chaleur accable, on piochait pour la famille, pour sortir du métal du Nord et l’envoyer dans des fours chauds de transformation. Les lettres dorées « métal » et « Nord » deviennent « Normétal ». N’arrêtant pas là, « Normétal » se transforme aussi très bien en « Montréal ». Née pour être travaillante et de service pour les localités du secteur Nord. Tant qu’à maîtriser le feu et avoir gagné son pain, autant le faire cuire chez les Lacroix. Aujourd’hui sans la mine, la Boulangerie Lacroix opère encore pour mouler d’un beau jaune doré le pain quotidien des familles de partout et garder les braises de l’espoir allumé. L’espoir perpétuel d’une réouverture de la mine et de voir la population doubler. En 2002, Stéphane Mercier a enflammé les passions en participant à la téléréalité Star académie. Soudainement, pour le Québécois moyen, La Sarre était devenue une banlieue de Normétal, mais ce fut un feu de paille. La brigade d’incendies à Normétal est d’une réputation sans borne depuis longtemps, mais quand la déflagration monstre des feux de forêt de 2023 était aux portes de la ville, on a vu de quel bois on se chauffait. Le prophétique slogan municipal en grosses lettres : « Misons notre avenir », prenait tout son sens. On a misé gros… et on a gagné! Tout le Québec le sait. C’est ce qui arrive aux gens qui ont ce feu dans les yeux. La flamme des gens de vouloir. Des gens d’espoir.

Doris Nolet reste un nom marquant de l’épisode des feux de forêt de 2023 et les honneurs pleuvent sur elle. Avant elle, Antoine Baillargeon avait confié dans sa qualité de chef pompier, avoir lutté pour sauver une partie de la ville avec l’incendie du mythique Bar chez Coco où les flammes léchaient dramatiquement les grosses bonbonnes de propane. De profil, la bâtisse ouverte donnait à voir des flammes en forme d’un visage étrangement ressemblant à celui de M. Desjardins, ancien chef pompier très apprécié. On y a vu un signe. Encore une fois, on s’en est sorti. M. Baillargeon explique que la brigade est si performante qu’un des gars a même un « fitting » de boyaux et une fausse borne-fontaine dans son sous-sol juste pour se pratiquer et faire gagner du temps au début d’un feu, ainsi que pour gagner à chaque année les Jeux des pompiers. Les organisateurs ont même dû tricher une fois pour pouvoir faire gagner une autre brigade pour éviter le découragement.

Quant à la solidité de Normétal, on assure que la mine qui payait pour installer son monde autour dans un groupement serré de rues au pied du chevalement, voulait payer une fois pour toutes avec du solide et du stable sans compromis. Contrairement aux maisons et aux commerces des villages voisins, Normétal comportait des maisons avec solages et des structures plus onéreuses. Ironiquement, on dit qu’une ville minière est moins permanente à cause de la fin d’exploitation. Or, c’est plus solide et mieux ancré. Avec les services et les divertissements offerts en quantité aux 5 ou 6 paroisses avoisinantes, tout est là pour s’accrocher à l’espoir et tenter de conserver les beaux acquis de cette petite ville traversée par le 49e parallèle, frontière du Nord-du-Québec et berceau du maître d’oeuvre de la méga production Le Paradis du Nord, Daniel Morin.

Un texte de Guillaume Beaulieu 

 

Ce projet a été réalisé grâce au soutien financier du ministère de la Culture et des Communications.